le blog illuminati

 
Dimanche 17 septembre 2006


11/05/2001 • 19h10

Echelon : la NSA pose un lapin à l’Europe

La NSA et la CIA ont refusé de recevoir, à Washington, les députés européens qui devaient enquêter sur Echelon, le système américain d’interception des communications.

Décidément, l’enquête du Parlement européen sur les grandes oreilles américaines se révèle être semée d’embûches. Après les difficultés d’Alain Krivine, député européen et membre de la commission Echelon, pour obtenir un visa d’entrée aux Etats-Unis ( Lire Alain Krivine : " Je n’attends pas grand-chose des auditions sur Echelon " ) , la délégation européenne a quitté Washington précipitamment jeudi 10 mai. La raison : le groupe de députés a du mal à avaler l’attitude des autorités américaines qui les a méchamment snobés . En premier lieu, le Département d’Etat américain ( l’équivalent de notre ministère des affaires étrangères) et le Département du commerce ont tout simplement annulé les rendez-vous calés avec le groupe de députés européens. " A la dernière minute et sans explication satisfaisante " selon Carlos Coelho qui préside la commission Echelon.

« Nous retournons en Europe »

Comme si cela ne suffisait pas, les représentants du Parlement européen ont également essuyé un refus de la part des services de renseignements américains. "Nous sommes très déçus par le refus de dernière minute de la CIA (Central Intelligence Agency) et la NSA (National Security Agency) de rencontrer notre délégation en dépit préparatifs avancés qui avaient été effectués. En conséquence, nous écourtons notre visite à Washington et retournons en Europe immédiatement " expliquait, jeudi 10 mai, Carlos Coelho. Ce voyage aux Etats-Unis constituait le dernier temps des auditions menées par la commission Echelon avant la rédaction du rapport durant les semaines à venir. Un rendez-vous manqué. Les députés ont tout de même pu rencontrer des membres de la Chambre des représentants, un ancien patron des renseignements américains, et des responsables du département américain de la Justice. La délégation a également auditionné des membres des organisations non-gouvernementales de défense de la vie privée comme l’ACLU ou l’Epic (Electronic Privacy Information Centre). Maigre consolation...

La commission temporaire Echelon au Parlement européen
http://www.europarl.eu.int/committe..

source: http://domain39.altern.com/a5579

A noter: il fallait s´y attendre!!! :D Sont d´un naïf nos représentants européens... LOL
par Albus magnus publié dans : Echelon
Dimanche 17 septembre 2006
Echelon is watching you

Créé en pleine guerre froide, le réseau d’écoutes anglo-saxon a accouché d’un véritable Big Brother qui surveille en permanence toutes les communications téléphoniques et Internet internationales.

Créé en 1947 à l’occasion du pacte UKUSA, qui réunit les ...tats-Unis, la Grande-Bretagne et le Canada (et également aujourd’hui la Nouvelle-Zélande et l’Australie), Echelon naît dans le contexte de la guerre froide et vise à écouter les "signaux d’intelligence" (SINGINT) : entendez par là les communications, cryptées ou non, transitant par les ondes radio, le câble et désormais le satellite, autrement dit tout ce qui passe par la téléphone, le fax et Internet (mails, sessions Web, etc.). Une fois interceptées, ces communications sont analysées selon des procédures encore relativement méconnues, mais beaucoup plus complexes (et subtiles !) que le simple repérage de "mots-clés". Ce que l’on sait, en revanche, c’est que le budget de la National Security Agency (NSA, l’agence américaine qui pilote le projet) se chiffre en dizaines de milliards de dollars, qu’elle emploie plus de 40 000 employés (placés au secret) et qu’elle se targue de disposer de la meilleure et de la plus forte équipe de mathématiciens au monde (il faut bien décrypter toutes ces données). Les communications interceptées le sont dans le plus grand secret et en toute illégalité : si en France, par exemple, il faut suivre une procédure judiciaire ou administrative avant de placer qui que ce soit sur écoute, Echelon enregistre toutes les communications pour ensuite les analyser.

Ces voisins qui écoutent à nos portes

L’existence d’Echelon n’a jamais officiellement été reconnue, mais l’on dispose aujourd’hui de nombreux éléments d’informations, articles de presse, dossiers déclassifiés, rapports parlementaires ou indépendants et témoignages d’anciens agents de la NSA, révélant l’ampleur de ce système de surveillance systématique des communications électroniques. Un rapport du journaliste anglais Duncan Campbell, spécialiste de la question, avait ainsi révélé au parlement européen que deux gros contrats internationaux initialement prévus avec Airbus et Thomson avaient finalement été emportés par des multinationales américaines connues pour travailler étroitement avec la NSA, et grâce aux interceptions d’Echelon. L’aspect espionnage industriel et économique du programme pose ainsi de plus en plus de problèmes aux autres nations, officiellement "partenaires", mais secrètement traitées comme toutes les autres : la "guerre de l’information" ne connaît pas de frontière, même les Américains ne savent pas exactement à quelle sauce ils sont écoutés ! De plus en plus d’associations de défense des libertés civiles et de protection de la vie privée s’élèvent aujourd’hui contre les menaces que représentent ce programme "top secret", d’autant qu’il permet d’espionner ses propres concitoyens : Margareth Thatcher avait ainsi réussi à faire surveiller deux de ses ministres par les services secrets canadiens. Si les pays membres du pacte UKUSA s’interdisent d’écouter à leurs portes, rien ne les empêche de demander à leur voisin de le faire à leur place...

Echelon et ses réalités par Duncan Campbell
http://www.zdnet.fr/actu/tech/secu/...
par Albus magnus publié dans : Echelon
Dimanche 17 septembre 2006


6/07/2000 • 20h42

L’Europe enquête sur Echelon à reculons

L’affaire Echelon embarrasse le Parlement européen. Les eurodéputés viennent de décider, mollement, l’ouverture d’une enquête.


© P.P./Transfert

Le procureur de Paris vient de mandater la DST pour enquêter sur l’espionnage généralisé de nos communications par les anglo-saxons (lire La France et l’Europe se penchent sur Echelon). L’Allemagne et la Hollande s’apprêtent à faire de même. Et cela ne suffit visiblement pas au Parlement européen. Mercredi 5 juillet, les eurodéputés ont refusé, par 340 voix contre 210 (et 15 abstentions) l’idée d’une véritable commission d’enquête, se contentant d’instituer une "commission temporaire sur le système d’interception Echelon", qu’un diplomate qualifie, dans Libération, d’"organe émasculé".

Les britanniques vicieux

Ce résultat doit beaucoup aux Anglais, qui participent activement au programme Echelon et accueillent la plus grande de ses bases d’interception à MenWith Hill (lire Echelon is watching you ). Les représentants britanniques ont évoqué les deux enquêtes françaises, souhaitant obtenir l’assurance qu’elles ne feraient pas obstacle à celle du Parlement européen. Vicieux, ils ont même proposé d’enquêter sur "d’autres systèmes susceptibles de porter atteinte à la vie privée", faisant incidemment référence à l’avatar français d’Echelon. Le lobbying forcené des Anglais contre toute investigation a, semble-t-il, été relayé par une intense activité américaine.

"Moins de pouvoirs qu’une commission d’enquête"

Sans pouvoir d’investigation, la commission du Parlement européen se contentera d’inviter des représentants de l’...tat à s’exprimer sur plusieurs points tels que l’existence réelle d’Echelon, la compatibilité d’un tel système avec le droit communautaire ou les éventuels préjudices de cet espionnage industriel pour les entreprises européennes. La commission, composée de 36 membres, dont quatre français (Hugues Martin, Catherine Lalumière, Alain Krivine et Georges Berthu) et dirigée par un eurodéputé portugais - Carlos Coehlo -, devrait rendre ses conclusions d’ici environ huit mois. Pour Thierry Jean-Pierre, qui sera le suppléant d’Hugues Martin au sein de cette commission, "celle-ci aura beaucoup moins de pouvoirs qu’une commission d’enquête et pas de pouvoir de coercition : on invite, mais on ne peut forcer personne à venir témoigner." L’élu de Démocratie libérale a sciemment tardé à révéler au Figaro qu’une enquête avait été confiée à la DST par le procureur de la République suite à un courrier de l’ex-juge : "Je voulais le rendre public juste avant le vote de la commission d’enquête pour faire monter la pression, et laisser à la DST le temps de bosser."

Le compte-rendu du vote du Parlement européen:
http://www.europarl.eu.int/dg3/sdp/...
 

http://www.transfert.net/L-Europe-enquete-sur-Echelon-a

La France et l’Europe se penchent sur Echelon

Le procureur de Paris a chargé la DST d’effectuer une enquête préliminaire sur le réseau d’écoute américain Echelon. Les parlementaires européens devraient également, le 5 juillet, se prononcer sur la création d’une commission d’enquête sur le même thème.


© P.P./Transfert
Jean-Pierre Dintilhac, procureur de la République de Paris, vient de saisir la Direction de la surveillance du territoire (DST) pour une "enquête préliminaire" sur le programme Echelon. L’ex-juge Thierry Jean-Pierre, aujourd’hui député européen (et trésorier de Démocratie libérale), avait écrit au procureur, le 2 mai dernier, pour l’informer des "atteintes à la vie privée (...) et aux intérêts liés au commerce ainsi qu’aux entreprises, voire aux intérêts supérieurs de la nation" que représente le désormais célèbre Big Brother anglo-saxon (lire Echelon is watching you). C’est la seconde fois en trois mois que Le Figaro révèle que des Français tentent d’instruire le procès d’Echelon. Le quotidien du matin dévoilait, fin mars, qu’un collectif d’internautes, Akawa, soutenus par deux avocats spécialistes de la question, maîtres Jean-Pierre Millet et David Nataf, venaient de porter plainte contre X... Afin de faire la lumière sur les "violations du secret des correspondances" occasionnées par Echelon. Si l’Assemblée nationale a diligenté, le 22 mars dernier, une mission sur la question, l’information concernant l’enquête préliminaire confiée à la DST arrive à point nommé : les parlementaires européens doivent décider ce mercredi 5 juillet de la constitution, ou non, d’une commission d’enquête sur Echelon.

La grande muette et les grands oreilles du "grand frère"

Vivement encouragée par les Verts, cette initiative est cependant gelée à la fois par les parlementaires anglais (leur base de Menwith Hill étant la plus importante de toutes les stations d’écoute de la National Security Agency), et par ceux des principaux partis de la Communauté. Notre confrère ZDnet révélait, dans un dossier paru il y a une dizaine de jours, que dix pays membres de l’Union européenne (Danemark, Allemagne, Finlande, Grèce, Italie, Pays-Bas, Norvège, Portugal, Espagne et Suède) cèderaient aux grandes oreilles anglo-saxonnes des stocks entiers de données interceptées. On apprenait également que les industriels européens mettaient au point un système d’écoute transfrontalier destiné à faciliter le travail des forces de l’ordre, projet initialement connu sous le nom d’Enfopol. Last but not least, l’édition anglaise de ZDnet publiait la semaine dernière la première photo connue de l’une des quinze stations d’écoutes françaises, recensées à ce jour et faisant partie de ce que les anglo-saxons ont opportunément surnommé "Frenchelon". Le quotidien en ligne rapporte ainsi ces propos troublants : "Nous n’avons rien à envier des Américains. Nous avons notre équivalent d’Echelon en France." Des propos fort intéressants, surtout lorsque l’on sait qu’ils émanent... d’un officier de la DST, la "grande muette" opportunément chargée aujourd’hui d’enquêter sur les menaces de son "grand frère" anglo-saxon. À quand une enquête du FBI sur les menaces de Frenchelon ?

par Albus magnus publié dans : Echelon
Samedi 16 septembre 2006
18 avril 2000
   LE RENSEIGNEMENT AMÉRICAIN EN ACCUSATION

  Petits débats sur Echelon


S'exprimant à Bruxelles alors que son gouvernement préside l'Union européenne, le ministre portugais de l'intérieur, M. Fernando Gomes, affirme qu'il n'a « pas de doute sur l'existence d'un système d'interception des télécommunications». Difficile en effet de continuer à se voiler la face quand l'ex-directeur de la CIA James Woolsey lui-même confirme l'« honnêteté intellectuelle » du rapport sur le système Echelon présenté au Parlement européen par le journaliste britannique Duncan Campbell.

Echelon est le produit du pacte Ukusa, signé au tout début de la guerre froide par les Etats-Unis et le Royaume-Uni - qui furent rapidement rejoints par le Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande. L'écoute et l'analyse routinières des conversations téléphoniques, fax et courriers électroniques permettent de rapporter vers la National Security Agency (NSA) américaine quantité d'informations, secrètes ou non, concernant l'ensemble des domaines d'intérêt stratégique : données économiques, stratégies des décideurs, milieux concernés par tel ou tel enjeu, etc.

Au fil des découvertes se dessine une formidable machine de contrôle, secrète et d'une envergure fascinante (1). Au Parlement européen se posait une question centrale : les échanges de données pratiqués par les services de renseignements d'un pays membre de l'Union (les services britanniques principalement) peuvent-ils conduire à l'espionnage des citoyens et des entreprises européennes pour le compte de services américains ? A Washington, le Congrès s'interroge sur la surveillance par la NSA de citoyens américains - une pratique qui serait contraire à la Constitution. Qui espionne qui et au nom de quoi ?

Mais la nature d'Echelon soulève aussi d'autres questions. Ce réseau est construit sur les « échanges » d'informations entre services de renseignements de différents pays. Echanges inégaux, bien sûr, les services alliés étant largement dépendants de la NSA (qui décide ce qu'elle prend dans les données collectées chez ses partenaires et choisit ce qu'elle leur répercute). Echanges systématiques, surtout, qui de plus peuvent se dérouler à l'insu des gouvernements concernés - comme a pu en témoigner l'ancien premier ministre néo-zélandais David Lange (2).

Si bien souvent les militaires motivent leur coopération internationale par la « lutte contre le terrorisme », faut-il leur faire grâce d'une définition de ce terme ? Considérer, par exemple, que la collaboration du Bundesnachrichtendiest (BND) allemand avec le Service fédéral de sécurité (FSB, ex-KGB) russe pour l'échange d'informations concernant les « terroristes tchétchènes » relève d'un très normal échange de bons procédés (3) ? Accepter sans débat le fait que la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) française entretienne des contacts étroits avec la NSA depuis... les années 70, portant notamment sur des échanges de technologie (4) ?

Les récentes révélations sur les agissements des services européens sont à rapprocher de l'arrogance avec laquelle l'ancien directeur de la CIA pointe, comme justification d'Echelon, la corruption pratiquée par les entreprises européennes pour conquérir les marchés extérieurs. L'Europe, qui pourrait à bon droit considérer Echelon comme une agression d'une gravité exceptionnelle, hésite à poursuivre ses investigations. Car elle pourrait alors se trouver confrontée à des questions identiques à celles qu'elle souhaite poser à la NSA. Conjuguées aux pressions britanniques, ces craintes ont eu raison du projet de création d'une commission d'enquête, repoussée le 13 avril 2000 par la conférence des présidents du Parlement européen.

Philippe Rivière

(1) Si fascinante que de nombreux mythes circulent à son sujet, et notamment, sur Internet, une « liste des mots-clés interceptés par Echelon ».

(2) Dans sa préface au livre de Nicky Hager, Secret Power, New Zealand's Role in The International Spy Network, Craig Potton Publishing, Nelson, Nouvelle-Zélande, 1996.

(3) Collaboration revendiquée par la partie russe et (faiblement) démentie par le porte-parole du BND (Libération, 14 avril 2000). Rappelons que le dirigeant tchétchène Djokhar Doudaev fut abattu, en avril 1996, par une roquette probablement pointée sur... son téléphone satellitaire.

(4) « Le secret embarras des Français au sujet d'Echelon », Le Monde du renseignement, 16 mars 2000.

source: http://www.monde-diplomatique.fr/dossiers/echelon/

par Albus magnus publié dans : Echelon
 

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